


Aujourd’hui, je suis seule face à mes tourments.
Seule face à cette réalité silencieuse de ce qui s’est fissuré en moi au fil des années.
Pas brisée, non.
Mais marquée. Fatiguée.
Trop longtemps forte.
J'ai appris à encaisser sans bruit.
A sourire quand ça brûle.
A comprendre les autres avant de me comprendre moi-même.
A faire taire ma colère pour ne pas déranger.
A avaler mes larmes pour ne pas sembler fragile.
Alors un jour, le silence s’est installé.
Un silence épais, au quotidien.
Un mutisme né des cassures répétées.
Un mécanisme de survie devenu prison.
Je ne sais plus toujours quoi penser.
Ni quoi vouloir.
Parfois je veux seulement respirer.
Sentir que j'existe autrement que pour tenir debout pour les autres.
Je suis fatiguée de l’injustice.
Fatiguée d’être incomprise.
Fatiguée d’expliquer ce que je ressens à ceux qui n’écoutent qu’à moitié.
Alors toi la personne homme ou femme
Ecoute bien.
Si tu te reconnais dans ces lignes tu n’es pas faible.
Tu es saturée,
Saturée d’avoir porté sans être portée.
D’avoir donné sans être rejointe.
D’avoir résisté sans qu’on voie le combat.
Tu pleures en silence, mais tu es encore là.
Tu observes, tu encaisses, tu te relèves.
Et cette simple persistance est une force immense.
La lumière que tu attends n’est pas loin.
Elle ne viendra peut-être pas comme un éclat soudain.
Elle viendra comme une réconciliation douce avec toi-même.
Le jour où tu comprendras que tu n’as rien à réparer pour mériter d’être aimée.
Que ce qui est fissuré en toi n’est pas une honte, mais une histoire.
A toutes celles et ceux qui se sentent incompris ou incomprise :
Vous n’êtes pas seules dans ce silence.
Vos cœurs battent fort même quand vos voix tremblent.
Votre fatigue est légitime.
Votre douceur est courage.
Votre vulnérabilité est une vérité.
Et un jour peut-être plus proche que vous ne le pensez vous vous regarderez sans vous juger.
Et ce sera déjà la lumière.